projection-débat du film "La promesse de Franco"

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L'association Siglo XXI organise, en collaboration avec l'UFR Langues et communication, une projection-débat du film "La promesse de Franco", en présence du réalisateur, Marc Weymuller, le lundi 9 février 2015 à 17h à l'amphithéâtre Mathiez (extension lettres). Cette projection s'adresse à tous les étudiants et personnels.

Affiche

"Au sud de Saragosse, en plein cœur de l'Aragon, on peut apercevoir, au milieu d'un paysage sévère de plaines et de steppes brunes, la silhouette fantomatique et délabrée d'un clocher qui se dresse au-dessus d'un décor apocalyptique : des maisons en ruine, des façades éventrées et des rues qui se perdent parmi les décombres. Ce sont les restes de l'ancien village de Belchite qui fut le théâtre, durant la guerre civile Espagnole, de combats qui firent, dit-on, près de 6000 morts.
À quelques centaines de mètres de là, on trouve une ville « nouvelle », construite dans les années cinquante, sur l'ordre de Franco. C'est une bourgade sans grande personnalité, triste et silencieuse. On dirait un grand quartier militaire, ordonné et austère. Des gens y vivent et y travaillent, sans que la présence de la ville morte, juste à côté, ne semble les perturber.
Le nouveau et l'ancien Belchite vivent ainsi, côte à côte, dans la coexistence énigmatique du passé et du présent. D'un côté, les vivants, de l'autre, les morts. Rien ne semble parvenir à les relier. À Belchite, on ne trouve ainsi aucune information sur les évènements qui ont provoqué la destruction de l'ancien bourg, aucune plaque commémorative, aucun monument aux morts ou au souvenir. On trouve seulement, à l'entrée de l'ancien village, une pancarte portant l'inscription : « Vieux village, ruines historiques ».
Belchite est un lieu emblématique de l'amnésie collective qui a frappé l'Espagne après la guerre civile. Pendant des années, les pères et les grands pères ont cessé de parler de politique et se sont tus sur les conflits du passé pour que les fils et les petits-fils ne recommencent pas à se battre dans les rues. Aujourd'hui encore, à Belchite, on continue à se taire."